Search

Patrimoine Mondial au Maghreb

Avec une diversité de paysages et un patrimoine historique uniques, le Maghreb compte parmi les régions qui ont le plus de biens culturels, naturels et immatériels inscrits sur cette prestigieuse liste.

vous trouverez dans cet article toutes les informations concernant ces sites :  les raisons de leur classement au patrimoine mondial, leur histoire, les informations pratiques concernant les transports pour se rendre sur place et se déplacer, ainsi qu’une sélection d’hébergements et de restaurants pour partir à la découverte de ces sites exceptionnels à la valeur universelle reconnue. Les tarifs et les horaires d’ouverture indiqués sont ceux de 2018.

Sites classés Patrimoine mondial

L’objectif principal de la liste du patrimoine mondial est de faire connaître et de protéger les sites que l’organisation considère comme exceptionnels. Pour ce faire, et dans un souci d’objectivité, ont été mis en place des critères. À l’origine, seuls existaient les sites culturels (1978), dont l’inscription sur la liste était régie par six critères. Puis, à la suite notamment d’un souci de rééquilibrer la localisation du patrimoine mondial entre les continents, sont apparus les sites naturels et quatre nouveaux critères. Enfin, en 2005, tous les critères ont été fondus en 10 critères uniques applicables à tous les sites : 

  1. Représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain;

  2. Témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages; 

  3. Apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue;

  4. Offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine;

  5. Être un exemple éminent d’établissement humain traditionnel, de l’utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer; 

  6. Être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle; Représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles;

  7. Être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’histoire de la Terre; 

  8. Être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes;

  9. Contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique.

Amphithéâtre d’El Jem (1979)

Parmi les trésors du patrimoine tunisien, un monument, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, incarne l’apothéose de l’architecture romaine en Afrique du Nord : l’amphithéâtre d’El Jem. Dominant la petite ville d’El Jem (l’antique Thysdrus), ce colosse en pierres de taille, du grès dunaire à la patine dorée, est si imposant qu’il ne manque guère d’impressionner ses visiteurs, suscitant la plus vive admiration.

Élevé au cours du premier tiers du IIIe siècle de notre ère, il se présente sous la forme d’une énorme ellipse, aux axes mesurant 148 et 122 mètres, ayant un périmètre de 427 mètres. Pourvu extérieurement, sur trois niveaux, de 192 arcades, entre lesquelles s’intercalent des colonnes à fûts lisses, coiffées de chapiteaux corinthiens et composites, il atteint une trentaine de mètres de hauteur. L’édifice pouvait accueillir jusqu’à 35.000 spectateurs. À la différence du Colisée de Rome et de la plupart des amphithéâtres antiques, bâtis en grande partie en briques, celui d’El Jem fut entièrement construit en pierres de taille, ce qui est bien plus onéreux. Ceci témoigne de la richesse prodigieuse de de Thysdrus à l’époque romaine, en particulier au cours des IIe et IIIe siècles ap. J-C.

✈ Aéroport de Monastir (69,2 km. Environ 1 heure), Aéroport de Sfax (84,6 km. Environ 1 heure), Aéroport Enfidha-Hammamet (104 km. Environ 1 heure), Aéroport de Tunis (210 km. Environ 2 heures) 
🚃 L'utilisation du train est une méthode très pratique. Les trains sont confortables et le voyage est court. On peut prendre un train tôt le matin, à Tunis, visiter El Jem et reprendre le train de l'après-midi, pour rentrer à Tunis. Tout peut être fait en un jour et laisser du temps libre à Tunis.
🕔 Ouvert de 7 h 30 - 17 h 30, du 16 septembre au 31 mars, de 7 h 30 - 18 h 30, du 1er avril au 15 septembre. 
💰 Entrée : 10 TND pour les étrangers (entrée commune avec le musée), droit de photographie : 1 TND.

Médina de Tunis (1979)

La Médina de Tunis fait partie des premières villes arabo-musulmanes du Maghreb (698 après J.-C.). Capitale de plusieurs dynasties à rayonnement universel, elle représente un établissement humain témoin de l’interaction entre l’architecture, l’urbanisme et les effets socioculturels et économiques des cultures antérieures. Sous les Hafsides et les Almohades venus du Maroc (XIIe au XVIe siècle) elle était considérée comme une des plus importantes et des plus riches villes du monde arabe. Il subsiste de nombreux témoignages de cette période et de périodes antérieures. Entre le XVIe et le XIXe siècle, les nouveaux pouvoirs lui ont donné de nombreux palais et résidences, de grandes mosquées, des zaouias et des médersas.

Le bien inscrit couvre une superficie d’environ 280 ha et présente toutes les composantes d’une ville arabo- musulmane. Il est constitué de la médina centrale (VIIIe siècle) et des faubourgs Nord et Sud (XIIIe siècle). On y dénombre 700 monuments historiques dont des palais, des mosquées, des mausolées, des medersas et des fontaines. Par ses souks, son tissu urbain, ses quartiers résidentiels, ses monuments et ses portes, cet ensemble constitue un prototype parmi les mieux conservés du monde islamique. Le rôle de relais qu’a elle a joué entre le Maghreb, le Sud de l’Europe et l’Orient a favorisé les échanges d’influences dans le domaine des arts et de l’architecture, et ce pendant des siècles. En tant que ville importante et capitale de différentes dynasties (depuis les Banu Khurassan, jusqu’aux Husseinites), elle offre un témoignage exceptionnel sur les civilisations de l’Ifriqiya (essentiellement à partir du Xe siècle).

✈ Aéroport de Tunis (8 km. Environ 15mn ) 
🚃 Tunis est reliée, par train, aux principales destinations touristiques du pays. Le réseau tunisien est connecté au réseau algérien,ce qui permet une liaison directe avec l'Algérie, en prenant le Maghreb express Tunis, à Alger. On pourrait même aller jusqu'au Maroc, si la frontière algéro-marocaine n'était fermée.
🚗 De Gabès, Sfax, Sousse et Hammamet, Tunis est facilement accessible par l'autoroute A 1, en bon état, mais très fréquentée. De Jedeida, emprunter la route RN 7.
(entrée par la Porte de France) 🕔 Accessible 24 h sur 24. 💰 Entrée libre.

Site archéologique de Carthage (1979)

Fondée dès le IXe siècle av. J.-C. sur le golfe de Tunis, Carthage établit à partir du VIe siècle un empire commercial s’étendant à une grande partie du monde méditerranéen et fut le siège d’une brillante civilisation. Au cours des longues guerres puniques, elle occupa des territoires de Rome, mais celle-ci la détruisit finalement en 146 av. J.-C. Une seconde Carthage, romaine celle-là, fut alors fondée sur ses ruines.

Fondation phénicienne en lien avec Tyr au Liban et refondation romaine sur ordre de Jules César, Carthage a également été la capitale d’un royaume vandale et de la province byzantine d’Afrique. Ses ports antiques témoignent des échanges commerciaux et culturels durant plus de 10 siècles. Le tophet, aire sacrée dédiée à Baal, contient de nombreuses stèles où se lisent de nombreuses influences culturelles. Lieu exceptionnel d’éclosion et de diffusion de plusieurs cultures qui se sont succédé (phénico-punique, romaine, paléochrétienne et arabe), Carthage a exercé une influence considérable sur le développement des arts, de l’architecture et de l’urbanisme dans la Méditerranée.

Le site de Carthage offre également un témoignage exceptionnel de la civilisation phénico-punique dont elle constituait le centre de rayonnement dans le bassin occidental de la Méditerranée. Il s’agit également de l’un des centres les plus brillants de la civilisation africo-romaine. Sa résonance historique et littéraire  a toujours nourri l’imaginaire universel. Le site est associé notamment à la patrie de la légendaire princesse tyrienne Elyssa-Didon, fondatrice de la ville, qui a été chantée par Virgile dans l’Eneide; au grand navigateur-explorateur Hannon; à Hannibal, l’un des grands stratèges militaires de l’histoire ; à des écrivains comme Apulée, fondateur de la littérature latine africaine ; au martyr de Saint Cyprien et à Saint Augustin qui y fit sa formation et de fréquents séjours.

✈ Aéroport de Tunis (10 km. Environ 20 mn) 🚃 Tunis est reliée, par train, aux principales destinations touristiques du pays. Le réseau tunisien est connecté au réseau algérien,ce qui permet une liaison directe avec l'Algérie, en prenant le Maghreb express Tunis, à Alger. On pourrait même aller jusqu'au Maroc, si la frontière algéro-marocaine n'était fermée. 🚗 De Gabès, Sfax, Sousse et Hammamet, Tunis est facilement accessible par l'autoroute A 1, en bon état, mais très fréquentée. De Jedeida, emprunter la route RN 7.
(entrée par la Porte de France) 🕔 Accessible 24 h sur 24. 💰 Entrée libre.

Parc national de l’Ichkeul (1980)

Le lac Ichkeul est le dernier grand lac d’eau douce d’une chaîne qui s’étendait autrefois le long de l’Afrique du Nord. Caractérisé par un fonctionnement hydrologique très particulier basé sur une double alternance saisonnière de niveaux d’eau et de salinité, le lac et les marais qui l’entourent constituent un relais indispensable pour des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs qui viennent hiverner à l’Ichkeul.

Le Parc contient des habitats naturels importants en tant que site d’hivernage essentiel des oiseaux du paléarctique occidental. Chaque hiver, le bien accueille une densité exceptionnelle d’oiseaux d’eau avec des effectifs pouvant atteindre certaines années plus de 300.000 canards, oies et foulques présents au même moment. Parmi ces oiseaux, trois espèces dont la protection est d’intérêt mondial sont présentes : l’érismature à tête blanche (Oxyura leucocephala), le fuligule nyroca (Aythya nyroca) et la sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris). De par la diversité de ses habitats, le bien abrite une faune et une flore très riches et diversifiées avec plus de 200 espèces animales et plus de 500 espèces végétales.

✈ Aéroport de Tunis (78 km. Environ 1h15 mn) 🚗 De Bizerte, prendre la route RN 11, vers le sud-ouest en direction de Mateur. Après la traversée de Tinja, la route coupe la voie ferrée. L'entrée du parc national est à droite, 50 m plus loin. De Tunis, prendre la route RN 7 en direction de Mateur. Là, tourner sur la droite sur la route RN 11 en direction du nord vers Bizerte. L'entrée du parc national se trouve 50 m avant de traverser la voie ferrée Mateur-Tinja.
🚌 Le plus pratique pour se rendre au parc d'Ichkeul est le taxi, sinon le transport en bus, mais compter 10 km de marche de la station Ichkeul jusqu'au parc.
🚃 Tun
🕔 Ouverts tous les jours de 8h à 18h.

La Kalâa des Béni Hammad (1980)

Située à 36 km M’Sila en Algérie et à 1 000 m d’altitude, la Kalâa des Béni Hammad a été fondée au début du XIe siècle par Hammad, fils de Bouloughine (fondateur d’Alger), et abandonnée en 1090 sous la menace de l’invasion hilalienne. C’est un des complexes monumentaux les plus intéressants et les plus précisément datés de la civilisation islamique. Elle fut la première capitale des émirs hammadites et a connu une grande splendeur. La Kalâa comporte, à l’intérieur d’une enceinte fortifiée de 7 km partiellement démantelée, un grand nombre de vestiges monumentaux, parmi lesquels la grande mosquée et son minaret, et toute une série de palais. La mosquée, avec sa salle de prière de 13 nefs à 8 travées est la plus grande après celle de Mansourah et son minaret est le plus ancien d’Algérie après celui de Sidi Boumerouane. Les ruines de la Kalâa témoignent du grand raffinement de la civilisation hammadite maintenant disparue.

Fondée en 1007 en tant que place forte militaire, elle fut par la suite rehaussée au rang de métropole. Elle a influencé le développement de l’architecture arabe ainsi que d’autres foyers civilisateurs dont le Maghreb, l’Andalousie et la Sicile. Les vestiges archéologiques et monumentaux de la Kalâa des Béni Hammad, parmi lesquels on compte la grande mosquée et son minaret ainsi qu’une série de palais, constituent les principales ressources qui témoignent de la richesse et de l’influence de cette civilisation hammadite.

✈ Aéroport d'Alger (108 km. Environ 2h), Aéroport de Sétif (108km, Environ 1h20) 🚗 D'Alger, compter 263km et 4h de route via la A1 et la N5 à partir de Maadid 

Médina de Fès (1981)

Plus grande ville historique du monde arabo-musulman, capitale culturelle et spirituelle du Maroc fondée au IXe siècle, abritant la plus vieille université du monde. Elle compte 8000 édifices ayant une valeur historique et esthétique dont 3500 fontaines, 785 monuments religueux (mosquées, medersa, synagogues) , 115 foundouks, 110 palais et demeures.

Fès a connu sa période faste aux XIIIe et XIVe siècles, sous la dynastie mérinide, quand elle supplanta Marrakech comme capitale de l’Empire marocain.  En la parcourant, on peut facilement se laisser emporter à travers son histoire, grâce à ses nombreux monuments. Des Idrissides aux Alaouites, des Andalous aux Juifs, toutes les dynasties et tous les peuples ont laissé leur empreinte sur la ville.

L’espace urbain non carrossable y conserve la majorité de ses fonctions et attributions d’origine. Elle ne représente pas seulement un patrimoine architectural, archéologique et urbain exceptionnel, mais elle véhicule aussi un mode de vie, des savoirs-faire et une culture qui persistent et se renouvellent malgré les divers effets des mutations des sociétés modernes. La présence de l’oued Fâs admirablement canalisé par la nature mais aussi domestiqué par l’homme et de nombreuses sources a donné un urbanisme de qualité et favorisé différentes industries.

La médina de Fès constitue un témoignage vivant d’une cité florissante de l’Occident méditerranéen ayant exercé une influence considérable principalement du XIIe au XVe siècle, sur le développement de l’architecture, des arts monumentaux et de l’aménagement urbain en Afrique du Nord, en Andalousie et en Afrique sub-saharienne. Elle constitue également un exemple éminent d’une ville médiévale créée aux tous premiers siècles de l’islamisation du Maroc et matérialisant un type original d’établissement humain et d’occupation du territoire traditionnel représentatifs de la culture citadine marocaine sur une longue période historique (du IXe au début du XXe siècle).  En dépit du transfert du siège de la capitale à Rabat, en 1912, elle garde son statut de capitale culturelle et spirituelle du pays.

Djémila (1982)

Situé à 50 km de Sétif en Algérie, connu sous son nom antique Cuicul, le site de Djémila est un établissement d’une ancienne colonie romaine fondée sous le règne de Nerva (96-98 de notre ère). Avec son forum, ses temples et ses basiliques, ses arcs de triomphe et ses maisons, à 900 m d’altitude, est un exemple remarquable d’urbanisme romain adapté à un site montagneux.

Le site comprend un répertoire typologique et architectural très diversifié, avec système défensif et arc de triomphe, édifices édilitaires et de spectacles, équipements d’artisanat et de commerce, dont le marché des frères Cosinus qui constitue un exemple remarquable de la prospérité économique de la cité.

Timgad (1982)

Sur le versant nord des Aurès en Algérie, Timgad fut créée ex nihilo, en 100 apr. J.-C., par l’empereur Trajan comme colonie militaire. Avec son enceinte carrée et son plan orthogonal commandé par le cardo et le decumanus, les deux voies perpendiculaires qui traversaient la ville, c’est un exemple parfait d’urbanisme romain.

Par son régime de camp militaire romain, son modèle urbanistique planifié et son type d’architecture civile et militaire particulier, le site reflète un profond échange d’idées, de technologies et de traditions exercées par le pouvoir central de Rome sur la colonisation des hautes plaines de l’Algérie antique. Timgad reprend les préceptes de l’urbanisme planifié de la période romaine, régi par un remarquable plan orthogonal en damier. Timgad constitue ainsi un cas typique d’un modèle urbanistique, dont la permanence du plan initial du castrum militaire avait régi le développement du site à travers toutes les époques ultérieures et continue encore à témoigner du génie constructeur des ingénieurs militaires de la civilisation romaine aujourd’hui disparue.

Tipasa (1982)

Situé à 70 km à l’ouest d’Alger sur les rives de la Méditerranée, Tipasa, ancien comptoir punique, fut occupé par Rome, qui en fit une base stratégique pour la conquête des royaumes maurétaniens. Il comprend un ensemble unique de vestiges phéniciens, romains, paléochrétiens et byzantins, voisinant avec des monuments autochtones, tel le Kbor er Roumia, grand mausolée royal de Maurétanie.

Les vestiges architecturaux et archéologiques dedes sites de Tipasa illustrent des méthodes de construction et des traditions architecturales particulières au Maghreb antique. Intégrés dans leur espace naturel, ces sites présentent une singularité morphologique, urbanistique et architecturale qui les distingue des autres sites antiques méditerranéens et en fait un exemple unique. Tipasa reflète de manière très significative les contacts entre les civilisations indigènes et les vagues de colonisation punique et romaine entre le VIe siècle avant J.-C.et le VIe siècle de notre ère.

L’édifice funéraire monumental de forme circulaire, dit Mausolée royal de Maurétanie, associe une tradition architecturale locale du type basina, à un mode de couverture en chemise tronconique à gradins, fruit de différents apports notamment hellénistiques et pharaoniques.


Le paysage de la vallée du M’Zab, créé au Xe siècle par les Ibadites autour de leurs cinq ksour, ou villages fortifiés, semble être resté intact. Simple, fonctionnelle et parfaitement adaptée à l’environnement, l’architecture du M’Zab a été conçue pour la vie en communauté, tout en respectant les structures familiales. C’est une source d’inspiration pour les urbanistes d’aujourd’hui constituant la marque, dans le désert, d’une civilisation sédentaire et urbaine porteuse d’une culture originale qui a su, par son génie propre, préserver sa cohésion à travers les siècles.

Ce modèle d’habitat a exercé une influence considérable pendant près d’un millénaire sur l’architecture et l’urbanisme arabes, y compris sur les architectes et urbanistes du XXe siècle, de Le Corbusier à Fernand Pouillon et André Raverau. Les trois éléments constitutifs des ensembles urbains et d’habitat de la Vallée du M’Zab : ksar, cimetière et palmeraie avec sa cité d’été, sont un témoignage exceptionnel de la culture ibadite à son apogée et du principe égalitaire qui était méticuleusement appliqué par la société mozabite qui, à travers d’ingénieux systèmes de captage et de répartition de l’eau et de création de palmeraie, a su réaliser une interaction extrêmement efficiente de l’homme avec un environnement semi-désertique.