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Caftan Ntaa قفطان النطع





𝗖𝗮𝗳𝘁𝗮𝗻 𝗡𝘁𝗮𝗮 :

Un Caftan marocain en velours dit Ntaa brodé de fil d'or (Sqalli), typique de la ville de Fès et porté par la future mariée lors de la soirée du Henné. Elle porte également un Taj Fassi (diadème en or), une Mdemma (ceinture en or), des Fanayer autour de la tête et des Mdayej el Joher (collier de perles). Au XIXe siècle, les caftans étaient brodés uniquement au niveau de la pointe et boutonnés jusqu'à la taille ; les modèles du début du XXe siècle avaient des ornements plus riches et des boutons qui s'étendaient jusqu'à l'ourlet. La broderie sur le vêtement en velours est emblématique de Fès, où les artisans utilisaient souvent du fil d'or de 22 carats (l'antae est un type de broderie en fil d'or). Les motifs étaient de bon augure pour les jeunes mariées : on pensait que les oiseaux portaient chance, et que les fleurs symbolisaient la joie et le bonheur. La fabrication de caftans aussi élaborés prenait beaucoup de temps et n'était accessible qu'aux mariées fortunées, qui les portaient pour d'autres occasions spéciales après le mariage.




Les broderies au fil d'or sont célèbres au Maroc et les artisans juifs de Fès étaient réputés depuis le Moyen-Âge pour le travail du fil d'or. On les trouve dans les caftans, les babouches, les tarbouches, les tissus, les objets du quotidien..etc

Jusqu'aux années 1930, la fabrication du fil d'or était l'une des industries les plus anciennes, les plus renommées et les plus importantes du mellah (ou quartier juif de Fès (d'après Vicaire et Le Tourneau) ; elle occupait directement 700 personnes, soit près du dixième de la population du Mellah. Une partie était écoulée vers d'autres villes comme Debdou, Meknès, Rabat et Salé, Tétouan, Marrakech.. Le nom donné au fil d'or, le sqalli, reste un mystère.


Mais en remontant dans l'histoire des liens des juifs de Méditerranée, on note que dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, on trouvait le métier de "soyeux" pratiqué par la population juive de plusieurs pays de l'Est méditerranéen, notamment en Grèce continentale et à Corfou.


Sous Roger Il, au XII° siècle, la Sicile avait atteint un haut degré de prospérité, jusqu'à rivaliser avec Venise. Au retour d'une expédition contre les Byzantins, Roger II ramena des spécialistes juifs du travail de la soie capturés à Thèbes, célèbre au Moyen-Âge pour ses manufactures de soieries, et dans d'autres cités de Grèce, pour les installer dans son usine royale de Palerme. On ne sait pas si les juifs y traitaient à la fois l'or et la soie, mais on peut le supposer ; il semble que le nom de shekel, d'origine fort ancienne, donné à la monnaie israélienne actuelle, ait la même racine que le mot sqalli (sicilien).

L'histoire de la Sicile est mouvementée. Au XV° siècle elle appartient au royaume d'Aragon. Ferdinand II d'Aragon promulguera en 1492 l'Édit d'Expulsion qui fera fuir au Maroc un grand nombre de juifs. Le sqali peut tirer son origine d'un rapport direct des juifs déjà implantés au Maroc depuis des siècles avec leurs coreligionnaires de Sicile, ou d'un passage de cette technique par l'Espagne à une époque plus ou moins reculée. Du fil d'or aurait continué à être produit dans ce pays par des juif sans perdre son nom de« sicilien ».


Sources: DENAMUR, Isabelle (2003). Moroccan Textile Embroidery, Paris: Flammarion. GOICHON, Anne-Marie (1939), 'La broderie au fil d'or en Fes', Hesperis 26, pp. 49-85, and 241-281. STONE, Caroline (1985). The Embroideries of North Africa, London and New York: Longman. VIVIER, Marie-France (1991). Broderies Marocaines, Paris: Bibliotheque Nationale de France. VOGELSANG-EASTWOOD, Gillian and Caroline STONE (2016). 'Embroidery from Morocco,' in: Gillian Vogelsang-Eastwood (ed.), Encyclopedia of Embroidery from the Arab World, Bloomsbury Academic. pp. 188-209, esp. pp. 197-200.


















Sources: DENAMUR, Isabelle (2003). Moroccan Textile Embroidery, Paris: Flammarion. GOICHON, Anne-Marie (1939), 'La broderie au fil d'or en Fes', Hesperis 26, pp. 49-85, and 241-281. STONE, Caroline (1985). The Embroideries of North Africa, London and New York: Longman. VIVIER, Marie-France (1991). Broderies Marocaines, Paris: Bibliotheque Nationale de France. VOGELSANG-EASTWOOD, Gillian and Caroline STONE (2016). 'Embroidery from Morocco,' in: Gillian Vogelsang-Eastwood (ed.), Encyclopedia of Embroidery from the Arab World, Bloomsbury Academic. pp. 188-209, esp. pp. 197-200.



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